Didier Deschamps

Pas le plus talentueux, mais le plus influent. Car comment croire au hasard quand le même homme se trouve en première page de tous les journaux le lendemain des grands succès du football français des années 90 ? Capitaine de l’OM lors la première Ligue des champions remportée par un club français en 93, le brassard toujours noué autour du biceps quand il soulève la première Coupe du Monde des Bleus, geste qu’il rééditera deux ans plus tard lors du championnat d’Europe, Deschamps est le symbole, plus que Zidane encore, de cette culture de la gagne qui baigna quelques institutions françaises lors des années 90. Preuve en est : pour les deux premiers trophées, il s’agit encore des seuls glanés par le football français. Là aussi, comment oser n’y voir qu’un hasard, même si Deschamps se trouve souvent au bon endroit au bon moment.
A Marseille, le champion du monde s’installe ainsi après une saison où l’OM vient de frôler le titre. Reste que Deschamps ne s’est pas contenté de marcher dans les pas de Gerets, puisqu’il a imposé ses hommes (M’Bia, Lucho, Heinze), pour finalement former une équipe plus équilibrée, à défaut d’être brillante. Comme lui, ses recrues ont été contestées dans un premier temps avant de susciter l’unanimité. Pas un hasard, non plus. Peut-être pas le plus grand des stratèges, Deschamps est un meneur d’hommes hors-pairs, dont l’autorité s’assoit sur la richesse d’un palmarès hors-catégorie. Se passer de Ben Arfa et Cheyrou dans la dernière ligne droite pouvait provoquer le débat et des remous au sein du club, mais DD a tranché, n’a pas dévié de sa ligne de conduite, et finalement gagné son pari.
L’ex métronome de la Juventus fait parti de cette génération qui a appris à se passer des plus talentueux pour former un collectif en acier trempé, capitaine de bord d’une équipe de France 98 qui a pris forme quand Aimé Jacquet se passa des géniaux Ginola et Cantona. Entraîneur né, l’ex milieu défensif a tout au long de sa carrière passé autant de temps à vaquer à ses tâches de récupération qu’à replacer ses partenaires et les encourager. Avec Monaco, le premier club où il s’assoira sur un banc, La Dèche prouve qu’il pouvait transposer sa culture de la gagne du rectangle vert au tableau noir. Malgré des débuts là aussi difficile, la finale de Ligue des champions atteinte par l’ASM en 2004 conduira la Juventus à en faire son mister.
C’est pourtant une fois bianconero que sa cote baissera. Car après avoir fait remonter le club en Série A, les dirigeants turinois semblent se défier du Français et le licencie. Blessure pour la Dèche qui attendra deux ans avant de reprendre une équipe en main. L’OM attendait, lui, depuis 17 ans, de remporter un titre. DD contribua à soulager autant qu’il fit exploser la cité phocéenne avec la Coupe de la Ligue glané en avril, simple amuse gueule avant le titre de Ligue 1 acquis mercredi. Au fait, comment se nommait le dernier joueur à avoir soulevé un trophée avec Marseille ? Didier Deschamps. Vous croyez encore au hasard ?
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